Les amis sont la famille qu'on se choisit.

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Ridley Ladris
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Ridley Ladris
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posté 31.08.15 22:29



Margo se détend un peu contre moi, et serre elle aussi mes doigts entre les siens. Elle se laisse aller sur mon épaule, et je la laisse faire, sans toujours oser dire quoique ce soit d'autre. Je ne trouverai pas les mots justes, de toutes façons. Au son de ses mots, pourtant, je secoue lentement la tête avant de me décider à lui répondre :
- On dit toutes ça, après une rupture. Ou le contraire, que l'on n'aimera plus jamais. C'est ce que je pensais, pour Zed-Naël. Et pourtant, je ne l'aime plus. Tu es trop jeune pour te priver d'amour, mia bella. Trop jeune, trop belle, trop intelligente et trop parfaite.
Je lui serre encore un peu la main, comme pour voir si j'ai pu gagner son approbation, et souffle doucement :
- Tu n'es pas obligée d'en parler si cela te fait mal, tu sais. Mais, si tu en as besoin, je suis là. Je serai là. Pour toi, toujours.
OK, je commence vraiment à me les jouer "amie fidèle et poétique" là. Ce que je ne suis pas forcément. Enfin, si, je suis loyale en toutes circonstances à ceux que j'aime, mais je me doute bien que je ne suis pas celle à laquelle on se confie en priorité. Ce que je comprends parfaitement. Mon manque de tact n'aide pas beaucoup, en ces circonstances. Comme je viens précisément de le prouver.
Finalement, je me lève dans la cuisine et reviens, après nous avoir versé deux nouveaux verres d'eau et m'être confiée au sujet de Léo. Léo... Le souvenir de son visage me revient en mémoire : sa peau dorée, ses boucles noires, son sourire éclatant, légèrement moqueur, ses yeux sombres, si troublants... Je secoue brusquement la tête, désireuse de garder les idées claires, et pose nos verres sur la table, avec un claquement plus sourd encore que la première fois. La nervosité, sans doute. Je suis reconnaissante à Margo d'accepter avec une telle facilité ce que je viens de lui dire. Et, franchement, j'aimerai l'accepter la même telle facilité, mais je suis bien trop perdue pour ça.
- Oui, enfin, tout semple beaucoup plus simple avec les mecs... À commencer par... Tu sais... Je m'interromps et rougis, soudain heureuse que mon amie ne puisse me voir, avant de me saisir de mon verre d'eau pour masquer ma gêne. Et oui, je le lui ai déjà demandé. Seulement, je suis pas plus éclairée que la première fois, au contraire, je crois que c'est pire ! Elle... En fait, je ne sais pas. On dirait vraiment qu'elle me teste, mais, en même temps... Même moi je ne sais pas ce que je ressens pour elle ! C'est peut être juste ma première attirance féminine ? Quoique, non, sinon, cela ne se serait pas passé comme ça... Je m'interromps à nouveau, cette fois brusquement, consciente de l'absurdité de ce que j'allais dire. Bref, ce que je veux dire, c'est que je ne sais PAS ce que je ressens pour elle. Et qu'elle n'a pas l'air de le savoir plus que moi, même si elle cache mieux son jeu.
J'avale une petite gorgée de mon eau, et repose mon verre, délicatement pour une fois, sur la table basse.
- D'ailleurs, peut être que tu la connais... Léo Anderson, ça te dit quelque chose ?
J'attends sa réponse, mi intriguée mi nerveuse. Peut être a-t-elle au moins entendu parler d'elle... Que ce soit ou bien ou en mal, j'aimerai bien savoir quel est son point de vue, à elle, sur la question.

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Margo De Santis
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posté 01.09.15 13:12


Je souris doucement quand elle dit que tout est plus simple avec les mecs. Elle ne termine pas sa phrase et je l’entends prendre son verre avant de continuer. J’écoute attentivement tout ce qu’elle me dit et réfléchis un peu. Elle me demande ensuite si je la connais en me donnant son nom. Léo Anderson, je réfléchis quelques instants, le nom me dit quelque chose, j’en ai déjà entendu parler, je crois.

-Je crois qu’on m’a déjà parlé d’elle…

Je prends mon verre d’eau et bois quelques gorgées. Je sais qu’elle veut savoir ce qu’on m’avait dit sur elle mais ce n’est rien d’exceptionnel… Je pose mon verre sur la table et me tourne de nouveau vers elle pour lui prendre doucement la main.

-Mais peu importe ce qu’on m’a dit sur elle, tant que je ne la connais pas, je ne la jugerais pas. Ecoute, je n’ai jamais su ce que mon premier amour ressentait pour moi mais ça ne m’a empêché de vivre quelque chose d’unique avec lui jusqu’à… enfin…

Je chasse ce souvenir de mes pensées et fais un grand sourire à mon amie. Je ne termine pas ma phrase et reviens au sujet de conversation.

-Bref, si elle ne te dit pas exactement qu’elle t’aime, il faut que tu essayes de sentir… de voir, excuse moi, ses réactions quand elle est avec toi, si elle sourit différemment ou quelque chose dans le genre !

C’était un peu comme ça que j’avais su qu’il m’aimait, la façon dans il me serrait contre lui ou quand il… Bon sang, Margo ! Sors-le un peu de ta tête ! On ne parle pas de toi mais de Ridley et de sa « copine », il faut que j’essaye d’être un peu moins égoïste…

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Ridley Ladris
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posté 05.09.15 12:53


Je m'enfonce dans le canapé, les yeux perdus dans le vague. Si Margo en a entendu parler, je me demande qu'est ce que l'on aurait pu dire sur elle. D'ailleurs, je me demande aussi ce qu'elles penseraient l'une de l'autre. Margo l'apprécierait sûrement -il est rare qu'elle n'aime pas quelqu'un, de toutes façons. Et savoir que j'accorde de l'importance, quelle qu'elle soit, à Léo ne l'aidera certainement pas à la trouver antipathique. Quant à Léo... Il est impossible de ne pas aimer Margo, mais elle est tellement imprévisible que je ne sais pas vraiment comment elle la verrait. Et puis, après tout, quelle importance, au fond ? Franchement, ce n'est pas le point de vue de l'une ou l'autre qui changera quelque chose pour moi. Margo est ma confidente, la sœur que je n'ai jamais eu, et Léo est Léo. Tout simplement. Enfin, si on peut dire que tout ça est simple. Le regard des autres ne change en rien l'attachement que je porte à mes proches. Si ça les gêne, qu'ils aillent se faire foutre et ne se mêlent pas de mes affaires. C'est tout.
- Euh... En fait, je ne l'ai jamais vu que quand on était toutes les deux, alors... Je ne peux pas vraiment dire si... 'Fin, tu vois quoi.
Son allusion à son ex ne m'échappe pas, malgré tous les efforts qu'elle fait pour se détourner de ce sujet. Un léger sourire s'étire sur mes lèvres tandis que je m'installe plus confortablement.
- Et toi, alors ? Parle moi un peu de ce garçon... Qu'est ce qui te plaisait chez lui ? Comment vous vous êtes connus ? Pourquoi vous n'êtes plus ensemble ? Et je veux les détails !
Je vois bien que Margo est bouleversée par cette histoire, mais elle a aussi besoin d'en parler. Ce que je comprends parfaitement. Une rupture est toujours une étape difficile, mais, au final on finit aussi par se rendre compte que l'amour n'était pas fait pour durer, si c'est pour qu'il se finisse ainsi. Et j'espère de tout cœur que Margo comprend ça.  

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Margo De Santis
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posté 05.09.15 13:41


Je hoche la tête doucement, je comprends ce qu'elle veut dire. Je pense qu'elle devrait attendre un peu, peut-être est-ce aussi difficile du côté de son amie. Je bois une gorgée d'eau, je ne sais pas trop quoi ajouter. L'amour et moi, ce n'est pas une grande histoire, j'espère sincèrement que ça va bien se passer pour mon amie, je sens à quel point cette histoire la perturbe.
Elle change pourtant de sujet, quoique ce soit sur le même thème. Je pensai qu'elle attendrait un peu avant de vouloir des détails.

-Ecoute...

J'allais essayer de détourner le sujet mais je sais que c'est une tentative qui échouerai à coup sur. C'est pour cela que je me suis arrêtée en plein milieu de la phrase, je ne pourrais pas toujours échapper à cette histoire et peut-être que si j'en parle, ça me ferait du bien. J'hésite un peu, ressasser ces souvenirs va me faire mal, comme toute à l'heure mais je suis avec celle que je considère comme ma soeur, je sais qu'elle me comprend et qu'elle peut m'aider... Je finis par me lancer après avoir pris une grande inspiration...

-Ce n'est pas exceptionnel tu sais... Nous nous sommes rencontrés par hasard, je ne l'avais pas attendu et nous nous sommes bousculés... Comme j'avais renversé ma boisson, il m'a proposé de boire un verre ensemble... Il était très gentil avec moi. Je n'étais à Londres que depuis un an et je n'acceptai pas encore totalement le fait que je sois aveugle...

Je me tais un instant, sa voix, ses paroles réconfortantes... Je n'ai rien oublié, mon coeur s'emballe, je l'aime encore et je le sais. Je baisse un peu la tête avant de continuer.

-Je ne sais pas où il est. Du jour au lendemain, il était parti sans un mot, sans un au revoir... Je ne sais pas pourquoi et je ne le saurais probablement jamais...

J'ai les larmes aux yeux, heureusement que je porte mes lunettes, Rid ne peut pas les voir... Je retiens les larmes de couler, il m'a fait du mal mais m'a apporté tellement de bien en échange! Je lui dois beaucoup de ce que je suis maintenant, je me suis entièrement acceptée en sortant avec lui...

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Ridley Ladris
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Ridley Ladris
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posté 10.09.15 21:15


Margo hoche lentement la tête, comme si elle approuve pleinement ce que je viens de lui dire. Ce qui est sûrement le cas. De toutes façons, cela ne peut pas changer grand chose à ce que je suis maintenant : perdue. À croire que tout se passe en même temps, que ce soit Léo, la rentrée, les réprimandes de ma Mère, la mort de mon Grand-père... Bref, tout ce qui achève de me paumer, en somme. Je soupire en ressassant ses idées noires, et secoue doucement la tête.
Arrête d'y penser, Rid. Passe à autre chose bordel. Ta vie continue.
Ce qui est entièrement vrai. Mais plus facile à se dire qu'à appliquer au quotidien. Je prends mon verre d'eau et le serre entre mes doigts, rafraichissant ma peau à ce contact.
- Je t'écoute, Margo.
Je la regarde attentivement, presque certaine qu'elle arrive à sentir le poids de mon regard malgré tout. Elle n'a sûrement pas envie d'en parler. Ou pas maintenant. Mais si elle ne le fait pas aujourd'hui, qui sait si elle le fera un jour. On a tous besoin de se confier, un jour. Chacun ses faiblesses. Nous sommes simplement humains. Margo aussi. Même si elle reste un humain particulièrement extraordinaire. Elle prend une profonde inspiration, légèrement tremblante, et se lance dans son récit. Je l'écoute attentivement, me concentrant sur ses mots.
C'est fou de se dire à quel point le hasard fait bien les choses. Moi aussi, j'ai bousculé Léo, à notre première rencontre. Enfin, ELLE m'a bousculé, nuance. Il n'empêche que c'est de là que nous nous sommes rencontrées.
Elle poursuit son histoire, arrivant au point où les choses se compliquent. Le jour où il est parti. La colère bout en moi, m'échauffe les sangs. Je serre les poings sur mon verre, si fort que j'ai peur de le briser, et le repose donc lentement sur la table, les dents serrées. Aucun mec n'a le droit d'abandonner une fille comme ça. Ou, du moins, aucun mec n'a le droit d'abandonner Margo comme ça. Sans rien dire. Est il possible d'être lâche à ce point ? J'ouvre la bouche pour la refermer aussitôt. Je me rends compte que c'est exactement ce qu'a fait Léo, au final. Depuis notre retour de Punta Cana, j'ai beau essayer de la joindre par tous les moyens, elle ne donne plus aucun signe de vie. Se pourrait-il que... Mais non. C'est impossible. Elle finira par revenir. Forcément. De toutes façons, Margo et moi ne parlons pas de Léo, mais de son ex. Alias salopard. Si un jour il avait le malheur de tomber sur moi... Bon Dieu, il souffrirait le pauvre mec. Enfin, "pauvre" simple façon de parler.
C'est alors que je perçois les efforts manifestes de mon amie pour retenir ses larmes, et cette vision me déchire le cœur. Littéralement. D'un geste doux, presque furtif, j'enlève les lunettes de mon amie et les pose sur la table, avant d'essuyer les larmes de ses yeux de mes pouces aux ongles rongés, vernis de noir. Puis, je la sers contre moi. Fort. J'aimerai qu'elle pleure contre moi, qu'elle se débarrasse de toute la tristesse que ce connard lui a fait accumuler jusqu'ici, qu'elle se libère de lui. Je ne suis pas certaine de trouver les mots, pour ça. Mais y a-t-il seulement des mots ? Non. Il n'y en a aucun. Aucun qui puisse faire revenir un amour perdu, aussi cruel que soit cet amour. Alors, je me contente de la serrer contre moi, fort, et de lui caresser tendrement les cheveux en entendant la pluie fracasser les vitres. Espérant simplement que, pour une fois, elle se laisse aller à ses sentiments avant de se préoccuper de ceux des autres.

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Margo De Santis
A Brunel U. depuis : 16/08/2015 Devoirs rendus : 144 ≈ âge : 26

Margo De Santis
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posté 11.09.15 21:49


Je sens la colère chez mon amie, j’essaye de me reprendre, secoue la tête pour chasser les souvenirs mais ils persistent, les bons moments, les mauvais. J’ai de plus en plus de mal à contenir les larmes, je me déteste, comment puis-je être aussi faible alors que c’est Rid qui a besoin d’aide ? Comment puis-je être aussi égoïste ? Je prends de grandes inspirations pour essayer de me calmer mais elles sont saccadées et je sais que je ne vais pas pouvoir me retenir plus longtemps. J’aimerai me lever et courir m’enfermer dans la salle de bains mais je n’arrive pas à me lever, mes jambes tremblent, mes mains aussi.

Je sens de l’air frais sur mes yeux, mon amie m’a enlevé mes lunettes de soleil, je détourne la tête pour qu’elle ne voit pas l’état dans lequel je suis, ni mes yeux. Elle passe ses doigts sur mes yeux d’un geste doux, je réprime un sanglot mais secoue la tête.

-Non… Je ne peux pas…

Ma voix se brise et je ne termine ma phrase. Je me trouve pitoyable et faible, je déteste me faire passer avant les autres, je ne peux pas ennuyer les autres avec mes problèmes, c’est mon fardeau pas le leur. Elle m’attire contre elle, très fort. Je me blottis contre elle mais continue d’empêcher mes larmes de couler, ça devient de plus en plus dur. Je me concentre pour calmer le reflux de mes souvenirs mais je n’y arrive pas, une larme s’échappe de mes yeux et coule sur ma joue. Je secoue encore la tête en murmurant un pitoyable « non », aussi pitoyable que moi en fait. Rid me caresse les cheveux, je sais qu’elle veut que je me laisse aller, mais ça ne me ressemble pas…

Je finis par éclater en sanglots, les larmes coulent sur mes joues, je les sens, brûlantes et froides. Je sens mon cœur se briser en mille morceaux et mes bras se resserrent autour de mon amie. Je m’agrippe à elle comme si elle était mon rocher, elle me serre encore plus contre elle et essaye de me calmer. Je ferme les yeux et sanglote, je me calme lentement, très lentement. J’écoute les battements de cœur de mon amie, j’essaye de caler ma respiration à la sienne pour me calmer. Je me relève doucement en essuyant maladroitement mes yeux, je rouvre mes yeux mais ne vois rien comme d’habitude. Je prends une grande inspiration pour terminer de me calmer, j’ai honte d’avoir craqué, de m’être laissé allée comme une énorme égoïste. Je n’en reviens pas, je cherche mes lunettes sur la table mais ne les trouve pas. Elle peut voir mes yeux, elle ne les a pas vus souvent et je n’aime pas quand elle les voit. Ils sont si bleus, si différents du reste de mon visage… Je tourne la tête pour qu’elle ne puisse plus les voir.

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Ridley Ladris
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Ridley Ladris
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posté 16.09.15 20:32


Margo secoue la tête, comme pour tenter sans succès de chasser ce souvenir de son esprit. Sauf que cette "technique" ne marche pas. Rien ne marche jamais vraiment, contre les chagrins d'amour. Enfin, rien ne marche jamais comme on le voudrait, de toutes façons. Mais à la voir trembler ainsi, ses jambes, ses mains, son menton ; si vulnérable face à cet amour perdu, je ne peux m'empêcher d'en vouloir à la vie. D'en vouloir à la vie... Comme si c'était seulement possible ! En vouloir au monde entier est tellement facile, mais en vouloir à la vie !? Je secoue à mon tour la tête devant ma propre stupidité. La vie est ce qu'elle est, ou ce que nous en faisons. À nous de nous adapter en fonction de ses difficultés, ou de faire en sorte qu'il n'y ait pas de difficultés, justement. Sauf que Margo a passé sa vie a faire face aux problèmes des autres, ce qui la laisse complètement démunie face à ses propres soucis. Et, pour une fois, c'est à mon tour de lui venir en aide.
Je lui enlève doucement ses lunettes de soleil, passe mes pouces sous ses yeux humides, et l'attire contre moi.
- Si, tu peux.
Ma voix est ferme. Presque implacable. Seulement, je ne peux pas la laisser souffrir en silence, se murer dans sa tristesse. Parce que je sais que, si je la laisse faire, elle n'en sortira jamais. Margo se blottit contre moi, comme si elle cherchait à se fondre entre mes bras, à disparaître de tous les soucis qu'elle rencontre ici. Elle tremble si fort que j'ai l'impression qu'elle pourrait se briser au moindre mouvement brusque. Elle ne cesse de murmurer de petits "non", à croire que ce sont eux qui l'empêchent de pleurer, de se laisser aller, rien qu'une fois, à ses sentiments personnels. Je passe une main rassurante dans ses cheveux, et pose mon menton sur le sommet de son crâne, en lui soufflant doucement des mots réconfortants :
-Si. Ne cherche pas à être forte pour les autres, gattino. Sois juste ce que tu as envie d'être. Pour une fois.
Et elle pleure. Ses sanglots l'agitent, elle m'enroule de ses bras, s'agrippe à moi comme à une bouée, et je la berce doucement. Les larmes ruissellent le long de ses joues, mouillent mon tee-shirt, mais je m'en moque aussi foutrement que de toutes les choses les plus inutiles de cette Terre. Ou, plutôt, je suis soulagée qu'elle pleure enfin. À croire que ses barrières ont enfin cédées, et que toute la tristesse, la frustration accumulées pendant tout ce temps se libèrent. Simplement comme ça. Pleurer peut paraître être un signe de faiblesse, mais parfois, cela peut aussi libérer. Libérer de tout.
- Je t'aime, Marg.
Je la serre doucement contre moi, et la relâche, la laissant se redresser sur le canapé et essuyer ses yeux rougis par les larmes. Ses yeux si bleus... Qu'elle détourne dès qu'elle sent mon regard se poser sur elle. Je me fige instinctivement en fixant ses boucles brunes, soyeuses, lui cacher le visage. Les muscles raidis, je pose une main sur sa joue et la force à planter son regard dans le mien. Des yeux si bleus qu'il pourraient représenter le ciel. Des yeux si bleus qu'en comparaison, les miens semblent ridicules. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point cette différence la rendait belle. Mais la colère me fait serrer la mâchoire.
- Ne te cache JAMAIS de moi, tu m'entends ? Jamais. Je suis ton amie pour ce que tu es, pas pour ce que tu essayes d'être. Je pensais que tu l'avais compris, depuis le temps.
Je laisse tomber ma main sur le canapé, la voix rendue sifflante, mais ma dernière phrase est juste... Lasse. Je pensais franchement avoir plus de valeur que ça, pour elle.

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Margo De Santis
A Brunel U. depuis : 16/08/2015 Devoirs rendus : 144 ≈ âge : 26

Margo De Santis
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posté 20.09.15 11:56


Ses mots me rassurent et quand je me relève, je me sens un peu mieux. Mon geste pour cacher mes yeux semblent la déranger parce qu'elle me prend la joue pour m'obliger à la regarder dans les yeux. Je sens sa colère et je serre la mâchoire, un peu gênée. J'avale ma salive avec difficulté alors qu'elle me parle. Je ne voulais pas la blesser ou la mettre en colère, une dernière larme coule sur ma joue tandis que je baisse le regard. Je l'essuie rapidement et prends une grand inspiration avant de relever les yeux vers la où je crois que sont les siens. J'entends sa main retomber sur le canapé et glisse mes doigts pour qu'ils rejoignent les siens, elle recule sa main pour que je ne l'atteigne pas. Je mords nerveusement ma lèvre, mes yeux cherchent maladroitement les siens. Je déteste mes yeux, c'est à cause d'eux que le début de ma vie a été gâché et que je ne verrais jamais. Je veux dire quelque chose mais je ne sais pas très bien quoi. Elle est vexée ou triste, dans tous les cas, elle n'est pas contente et c'est de ma faute. Je serre les dents, si seulement mes yeux n'étaient pas comme ça! Je n'aurais pas besoin de les cacher et je ne me disputerais pas avec mes amies. Je cherche encore un peu mes lunettes sur la table et les trouve. Je m'apprête à les remettre mais suspends mon geste. Je pousse un long soupire et les replie pour les redéposer sur la petite table avant de me retourner vers Rid.

-Regarde mes yeux, regarde-les. Leur couleur, leur pâleur...

Une expression de dégoût passe sur mon visage mais je ne détourne pas le regard, je fixe le point où je pense que sont ses yeux. Je prends une grande inspiration avant de continuer.

-C'est à cause d'eux que je ne vois pas, que je suis aveugle. Je les déteste et tu sais que c'est pour ça que je porte des lunettes.

J'avale difficilement ma salive et détourne enfin le regard. Je prends mon verre d'eau et le termine avant de reposer le verre vide sur la table.

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Ridley Ladris
A Brunel U. depuis : 14/05/2015 Devoirs rendus : 378

Ridley Ladris
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posté 26.09.15 23:18



Margo baisse les yeux, tandis que je maintiens ma paume sur sa joue, l'empêchant par la force de détourner le regard. Sa peau est humide, contre la mienne. Rendue fraiche par les larmes versées sur son amour perdu. Ce contact me fait l'effet d'une brulure, et je m'empresse de retirer mes doigts de sa pommette, les laissant tomber sur le canapé. Je suis vidée. Je ressens juste l'envie de me rouler en boule ici, de m'endormir, de m'oublier, et de me réveiller comme si tout allait pour le mieux. De retrouver le soleil, de le revoir briller, à la place de cette pluie drue et incessante. De rire, de courir, de parler, de revoir Léo. Ou, au contraire, de reprendre avant notre rencontre. Je suis en colère, maintenant. Contre le monde entier. Contre ma Mère, de m'avoir abandonnée, mon Père, de se ficher de moi. Contre Léo d'être partie, contre Margo. Mais contre moi aussi. Parce que je fiche toujours tout en l'air. Parce que je ne me satisfais jamais de ce que j'ai. Parce que, au fond, je ne sais même pas ce que je veux. La main de Margo tâtonne afin de retrouver la mienne, mais je la retire brusquement, faisant naitre la douleur sur ses traits. Mon cœur se serre et, rien qu'à l'idée de la faire culpabiliser, je me sens plus mal encore. Mais je suis trop fière pour l'admettre. Putain de fierté. Mes yeux se posent sur la table, et je voix mon amie se saisir de ses lunettes, faire un geste afin de les enfiler, avant de soupirer et les reposer sur la table, dépitée. Je la laisse parler, sans l'interrompre, les yeux toujours rivés sur le meuble. Le silence s'étire, s'éternise, sans que j'arrive à me décider à le combler. Je reste muette, les mâchoires serrées, pendant qu'elle finit son verre d'eau. Enfin, je me décide à sortir de mon mutisme.
- Tu n'es pas obligée de les mettre quand tu es avec moi. Tes yeux sont les plus beaux que j'ai jamais vu.
Ma voix est sèche, et pourtant mes paroles se veulent réconfortantes. Drôle de mélange.
- Ils font partie de toi, ils te rendent plus unique qu'aucun d'entre nous. Tu as ton monde, tes couleurs, ta vision des choses. Pour toi, c'est peut être une faiblesse, mais la différence peut être une force. Je m'interromps un moment. Tu es ma force, Margo.
Et c'est vrai. Si elle n'avait pas été là, comment aurais-je pu faire face à ma vie ? La réponse est simple. Je n'aurai pas pu. Jamais. Comme je n'aurais pas pu faire face au décès de mon grand père. Oubliant toute fierté, c'est à mon tour de lui serrer la main, de la presser doucement entre mes doigts.
- Merci d'être là.
Mes mots ne sont qu'un souffle, et pourtant mon cœur les hurle avec une telle intensité que j'en suis moi même déstabilisée. L'amitié est vraiment la plus belle des forces.

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Margo De Santis
A Brunel U. depuis : 16/08/2015 Devoirs rendus : 144 ≈ âge : 26

Margo De Santis
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posté 04.10.15 19:00


Un long silence prend place dans l’appartement, mal à l’aise, je remue légèrement dans le divan. Mon amie reste silencieuse, je ne sais pas quoi faire ni quoi dire alors je laisse le silence se prolonger. Je pense que je l’ai blessé et c’est ce qui me fait le plus de mal, elle a refusé de me prendre la main et ça me rend assez triste. J’imagine qu’elle s’en ait rendue compte, c’est sûrement pour cela qu’elle ne dit rien. Ma gorge est inhabituellement sèche mais mon verre est vide, j’avale ma salive avec une certaine difficulté. J’aimerai me lever et aller le remplir, encore et encore mais je sais que c’est n’est vraiment pas le bon moment, j’humecte nerveusement mes lèvres, mon « regard » dans le vide. Je sursaute un peu quand Rid brise le silence. Je ferme les yeux et secoue négativement la tête tandis qu’elle me parle. Sa voix est sèche mais j’ai bien compris qu’elle veut me réconforter. Elle continue d’essayer, ses paroles ont un effet d’apaisement bien que je ne sois pas très convaincue.

Elle s’interrompt un court instant et sa dernière phrase me touche particulièrement, je lève mes yeux vers elle sans pour autant la voir. Le pense-t-elle vraiment ? Elle prend délicatement ma main et je la serre fort dans la mienne. Elle me remercie dans un souffle, j’avale ma salive. Je m’approche lentement de celle que je considère comme ma sœur et la prends dans mes bras. Je plonge ma tête dans son cou et murmure :

-Non, c’est moi qui te remercie.

Je me redresse lentement et la fixe avec mes yeux bleus.

-Merci d’être toujours là pour moi, de toujours me soutenir. Si un jour, j’accepte mes yeux, ce sera grâce à toi…

Je lève ma main et cherche sa joue pour la caresser doucement. Je laisse retomber mon bras et cherche mon verre sur la table. Je le renverse maladroitement, mes traits se durcissent et je redresse le verre en me mordant la lèvre. Je me lève rapidement et m’en vais un peu trop vite vers la cuisine car je me prends le mur juste à côté de la porte et m’étale sur le sol.

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